Le 15 février
2013, mon fils, âgé alors de 24 ans, s'est fait contrôler par la police, au
volant de sa voiture. Il avait 2 grammes/l d'alcool dans le sang.
C'est là une faute inexcusable. Même s'il existe des
raisons profondes et lointaines pour que quelqu'un de jeune commette une telle
absurdité.
Et si ce n'est pas là une excuse valable pour un tel écart
de conduite, c'est un facteur à tenir en compte, lorsqu'il s'agit de comprendre
son attitude et ses motivations.
Du moins cela devrait être le cas si on cherchait à
prévenir, éduquer et guérir plutôt qu'à punir et à encaisser l'argent des
contraventions...
Car il est évident que si la punition le fera réfléchir,
faire appel à son sens des responsabilités le ferait réfléchir d'avantage.
Mais nous sommes sous le régime du tout punition. Et de
fait, il a eu son permis d'annulé, avec effet immédiat.
On lui a dit que du jour où il recevrait l'avis
d'annulation, il devrait attendre six mois pour pouvoir repasser son permis...
Il a reçu l'avis en question... à la mi-novembre !
Soit 10 mois après ! Auxquels il faut ajouter les 6 mois
de délai imposé par la loi.
De fait, mon fils s'est trouvé sans permis pendant 16 mois
minimum. Ce qui lui a coûté son emploi de technicien chauffagiste. Il travaillait
sous contrat CDI.
Il y a une semaine, il avait décroché une mission (comme
manutentionnaire) de cinq jours, en intérim.
Écœuré par sa situation, et las de devoir se déplacer par
les transports en commun ou de faire appel à des bonnes volontés, il a craqué
et, révolte puérile, il a utilisé sa voiture, pour ses allers-retours sur le
chantier.
Manque de pot, le dernier jour de sa mission, alors qu'il
rentrait chez lui, il s'est fait arrêter par les CRS...
Bref, il est convoqué au tribunal pour novembre prochain.
Pour savoir à quelle sauce il va se faire manger. Mais il sait déjà qu'il aura
au moins trois ans à passer, sans permis de conduire.
Or, dans son métier, s'il n'a pas de permis il ne peut pas
travailler. Son travail consistant à l'installation et l'entretien de
chaudières à gaz, pour le chauffage et l'eau chaude. Ce qui exige de pouvoir
transporter, avec lui, son matériel.
Nous voilà donc dans un cas de figure, que j'ose
considérer comme tragique !
Supposons que, dans le meilleur des cas, il trouve des
petits travaux précaires lui permettant de survivre.
En trois ans à ce régime, la technique évoluant sans
cesse, il se trouvera avec un handicap de connaissances par rapport à son
métier de base. Il aura alors du mal à se faire embaucher, pour cette raison
là, justement. On lui dira "qu'il n'est plus dans le coup".
Il faudrait alors qu'il se contente (et encore faut le
trouver) d'un travail de manutentionnaire, dans une grande surface, sans autre
avenir de promotion que de devenir "chef de rayon" ?
Moi, son père, retraité aux revenus dépassant de 50€ le
"seuil de pauvreté" je me sens désespéré de penser que l'avenir
professionnel et partant, social et familial de mon fils, se trouve gravement
compromis par suite de deux fautes de jeunesse.
Idée qui me révolte profondément, quand je pense , comme
chacun de nous, à tous ces politiciens véreux qui échappent pendant des années
et des années à la justice. Alors que, adultes et responsables, ils ont triché
délibérément pour obtenir de l'argent et une position social bien assise.
C'est à vous donner envie de vomir !
Il n'est pas interdit de penser que des milliers de jeunes
et leurs familles ont vécu, vivent ou vivront la même cauchemardesque situation
que nous !
Elle est où, cette volonté si vantée et affichée d'aider
les jeunes, cette richesse du pays, son avenir ?
Balivernes éhontées ! Mensonges malfaisants et sans autre
fondement que de servir comme slogan de campagne !
Est-ce bien là la République Française, "patrie des
droits de l'homme" ?! Mais pas des droits des jeunes à l'erreur...
Manuel
MARTINEZ
à
Biarritz le, 2 avril 2014
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