Monsieur,
Si dans
l'intitulé de ma lettre je vous nomme, au lieu de vous donner votre titre,
c'est bien parce que j'entends m'adresser à l'homme, au père que vous êtes.
Libre à lui, s'il en éprouve
le besoin, de parler au Président que vous êtes devenu, provisoirement.
Je m'adresse
à l'homme, mais surtout au père, parce que dans les lignes qui vont suivre, je
ne parlerai pas de politique.
Je parlerais
d'êtres humains, surtout de nos enfants et les leurs : de la jeunesse.
De cette
jeunesse aujourd'hui totalement désemparée et déçue.
De cette
jeunesse qui ne peut plus croire en le mot "démocratie".
Puisque force
leur est de constater que la démocratie
est un leurre.
Dont le seul
(mais significatif) avantage, est de permettre une alternance dans le pouvoir.
Ce qui évite les guerres civiles. Du moins dans les pays où le pouvoir et le
peuple jouent le jeu "démocratique".
Je ne
m'attarderai pas ici à expliciter l'assertion qui précède. Ce n'est pas le propos
de ce texte.
Si je mets en
avant le désarroi de la jeunesse, c'est en considérant que nous, adultes et personnes
âgées, nous avons laissé s'installer cet état de choses, sans réagir lorsqu'il
était peut être temps de le faire.
Nous avons
pris soin de notre confort du moment et nous avons fermé les yeux sur l'évidence
: Le fait que notre ancienne société perde, année après année, le sens de la solidarité,
ce ciment social qui donne à la société son caractère essentiel : l'unité de
tous ses composants.
Aujourd'hui
nous ne sommes plus qu'un conglomérat d'individualités isolées prétendant vivre
selon le principe : "Chacun pour soi !".
Nul idéal
commun ne nous unit. Nul rêve ne brille dans notre regard.
Vous,
politiciens, vous avez voulu nous convaincre de ce que le seul idéal à atteindre
est : Posséder !
Paraphrasant
Descartes, nous pourrions dire, pour résumer ma pensée : "Je possède donc
je suis !"
Mais vous
vous êtes totalement fourvoyés. L'être humain a besoin d'affection, d'amitié,
d'amour ! Sentiments qu'aucun argent au monde ne permet d'acheter.
Ces denrées
ne sont pas à vendre. On vous les donne ou pas, vous les donnez ou pas.
Sans calcul,
avec le cœur.
Parce que ces
denrées précieuses ont une particularité unique : Le moindre calcul les fait
disparaître !
Nous voilà
donc dans une société que vous avez voulue marchande, inhumaine parce que
dépourvue de sentiments, de doutes et d'idéaux qui donnent à l'être humain sa
qualité intrinsèque : l'humanité !
Cet homme...
"économicus", pièce indispensable dans votre vision mercantile du
monde, cet homme n'existe pas, pas encore.
En dépit de
vos efforts, à vous politiciens, conjugués à ceux des apôtres de "l'ordre
numérique" et des généticiens qui, pour simplifier, prétendent trouver
Dieu, ou sa négation, quelque part dans le génome humain.
Malgré les
médias qui vous servent de chambre à écho pour amplifier, en les peaufinant,
vos arguments en faveur d'une société dominée et guidée par la finance.
Il n'est que
de voir le fossé vertigineux qui s'est creusé entre les riches et les pauvres.
Jamais dans l'histoire de l'humanité cet écart n'a été si disproportionné et
aberrant !
En résumé,
vous nous faites vivre dans des conditions matérielles de plus en plus
intenables, la pauvreté s'étend partout, recouvrant de plus en plus des classes
sociales, comme l'eau des océans recouvrira dans pas longtemps, des régions où
il faisait bon vivre.
Nous,
pauvres, nous n'avons même plus l'espoir de connaître un répit à notre condition
de pauvre, ni aux conditions dans lesquelles nous survivons au jour le jour.
Dans ce
"nous", j'inclus majoritairement les jeunes.
Qui se
sentent trahis par leurs aînés, bafoués
!
Voilà en
place le terrain fertile où les idées de l'extrême droite fleurissent à foison.
Surtout, la pire, la plus abjecte, la plus vénéneuse : le rejet de l'étranger !
Étranger
devenu bouc émissaire pour commencer, victime expiatoire ensuite.
Contre
laquelle tourner sa rage, impuissante à changer le cours des choses.
Nous ne
sommes pas, pas encore, aux monstruosités du siècle dernier. Mais nous glissons,
lentement, inexorablement, dans la pente qui y conduit.
M Hollande,
comme moi, comme tant d'autres, vous avez des enfants.
Leur sort
vous indiffère ?!
Ou
pensez-vous, comme tant et tant d'inconscients (c'est le terme) que leur progéniture
sera épargnée par ce monde horrible de non-humanité que vous contribuez, plus
ou moins consciemment à mettre en place.
Êtes vous et
tous les politiciens des monstres d'égoïsme ou des inconscients ?!
Comme pour le
réchauffement climatique, la disparition de l'humanité dans l'humain gagne du
terrain.
Réagir très
rapidement est la condition sine qua non pour inverser le cours des choses.
S'il en est encore temps !
Et pour les
deux catastrophes qui s'annoncent il faudra compter sur tout et chacun de nous,
habitants d'une planète qui était si belle et bonne à vivre, mais que des oiseaux
de proie sans âme et sans conscience, prétendent transformer en un objet
utilitaire et exploitable.
Mais la Terre
est vivante et nous sommes ses enfants !
Puissiez-vous
être touché par ce qui peut vous paraître un discours naïf mais qui est une ode
d'amour à notre monde.
Boule
minuscule pleine de poésie, voguant dans l'infini.
M Hollande,
en parlerez vous à M le Président ?
Manuel
MARTINEZ
À Biarritz le, 29 septembre
2013
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