LE PAPIER SE MEURT...



La Une du quotidien "Libération" du samedi 8 février était un cri de protestation de ses journalistes.
Ce cri proclame que "Libération" est un journal, pas un réseau social, pas un plateau télé, pas un réseau social, pas un espace culturel, pas un incubateur de "start-up"...
Pourquoi cette protestation ?
Parce que, au vu des de pertes financières qui représentent, pour 2013, un million d'euros, les deux actionnaires majoritaires de la publication ont projeté de le transformer en... tout ce qu'il n'est pas actuellement ! Voir ci dessus...
Aujourd'hui, "Libération", hier "France-Soir". Dans l'intermède entre ses deux événements concernant deux ex-grands du journalisme "papier", il y a, voici deux mois, la disparition du "Journal du Pays Basque". Petit journal local. Comme d'autres "petits journaux" ont dû fermer boutique, un peu partout, dans l'indifférence générale.
N'oublions pas de signaler les difficultés financières de celui qui a longtemps représenté le modèle du journalisme à la française, dans le monde entier... "Le Monde"!
Depuis quatre ou cinq ans au maximum, d'autres journaux ou magasines, sur support papier, ont disparu où tenté, avec plus ou moins de succès, de survivre en paraissant sur le "Net".
On peut constater le même phénomène outre-Atlantique ou des journaux, jadis prestigieux, ont disparu. Du moins dans leur version papier.
De là à supposer que le même fait a eu lieu un peu partout dans le monde il y a un pas que nous n'hésiterons pas à franchir. Au vu de l'évolution de la société civile, dont les couches populaires et moyennes se sont tournées vers Internet.
Nous sommes tentés de dire que d'ici peu, on ne trouvera plus de journaux "papier". Compte tenu qu'un peu de partout, en France, arrivent des nouvelles alarmantes concernant la santé financière de tel ou tel journal.
Force est de constater que, des dizaines de quotidiens qui s'éditaient  dans les années 1920 (rien que sur Paris) il en reste moins de dix ! Et telle que la situation se présente, à brève échéance ils auront tous disparu. Sur support papier du moins.
Si nous estimons qu'un tel avenir est regrettable en soi et pour la société et que nous refusons d'admettre un tel destin, force nous sera d'aller au fond des choses et de nous demander :
- Pourquoi un quotidien et quel impact a-t-il sur la société, à travers l'individu?
- Pourquoi un quotidien papier ?
- Quel rôle joue le prix de vente du quotidien dans sa diffusion ?
- Pour quoi payer un quotidien ?
- Quels moyens financiers pour le financer?
- Qui doit apporter ces moyens et pourquoi ?
- Pourquoi cette apparente désaffection envers le "papier"?
Nous allons essayer de répondre à ces questions (dont la liste n'est pas exhaustive).
Du moins partiellement, dans la mesure de nos moyens... En tablant sur des conditions idéales. Seules à permettre de mettre en valeur les potentialités dues aux quotidiens. Dans le domaine de la socialisation.
Pourquoi un quotidien ? :
Dans l'absolu, parce qu'il est censé nous apporter un tas d'informations, de tout acabit, depuis les faits divers et le sport, jusqu'aux derniers développements d'une crise politique majeur, une guerre, dans les cas extrêmes.
Le tout accompagné d'une analyse sommaire des faits importants, qui conduira le quotidien à exprimer son opinion. Position généralement résumée dans l'éditorial du jour.
Nous proposant ainsi une certaine vision du monde.
Vision censée nous maintenir dans le courant de l'actualité et nous donnant le sentiment (puéril?) de participer à la marche du monde.
En cela, le quotidien en question établit une connivence de pensée entre ses lecteurs.
Ce qui n'empêche pas chacun de nous, d'assimiler les nouvelles en les passant au filtre de nos propres critères. De là, la possibilité pour nous, lecteurs, d'exposer nos points de vue personnels et de discuter sur la pertinence ou pas de tel ou tel article.
Quel que soit l'endroit où cette discussion ait lieu, à la maison, au café, dans quelque autre lieu de rencontre, elle ne peut que tisser et/ou resserrer les liens sociaux, voire amicaux, des membres d'une société. Lecteurs du quotidien ou pas...
Ou bien, mettre en évidence des points de désaccord, irréductibles. Ce qui aura le mérite de clarifier les positions de tout et chacun et de permettre de le situer assez précisément, socialement et politiquement.
Nous voyons là, l'importance du rôle de ciment social remplit par un quotidien.
Notre raisonnement, il est vrai, repose sur un contexte idéal, difficilement existant dans la vie quotidienne. Pour les raisons susmentionnées.
Pourquoi un support papier ?
Tout ce processus que nous venons de développer, il nous semble ne pouvoir se développer qu'à partir d'un quotidien sur support papier.
Imaginez donc, ces consommateurs, dans un établissement, consommant une boisson, penchés sur le journal, étalé sur la table ou soigneusement plié, avec en vue, l'article à lire.
Ce journal dont l'encre noircit légèrement les doigts, dont l'odeur se marie subtilement avec celle du café posé sur la table, à côté d'un croissant bien doré et croustillant qui a laissé sur vos doigts un imperceptible voile de gras, qui laissera une trace à peine discernable sur le papier journal si friand de la moindre trace de gras ou d'humidité.
Le lecteur tourne les pages, calmement, cherchant l'article qui l'intéressera, dans un froissement de papier qui vient s'ajouter aux bruits divers de l'établissement... le percolateur, le choc léger de la vaisselle que l'on met dans les paniers du lave-vaisselle, le moulin de la machine à café, le brouhaha des conversations, les rumeurs assourdies de la rue, là dehors..
Notre lecteur, lève la tête du journal, il lance : "Eh, untel ! Viens voir ça... écoute..." et il lit à haute voix un passage d'un article, d'un éditorial, un titre qui l'a fait réagir... L'autre, écoute, opine, une discussion s'engage. Qui attire d'autres personnes présentes dans le local...
Si vous rentriez à ce moment dans cet établissement, vous verriez un groupe de gens, discutant avec ferveur de tel ou tel point de l'article ou l'éditorial ou le titre en question... Vous seriez témoin d'un moment de communication, la vraie, ! Entre des  gens en chair et en os, qui seront d'accord ou qui étaleront leurs différents points de vue, ce qui permettra d'en discuter.
L'accord ou le désaccord éventuels, auront moins d'importance que ce moment d'entente qui a permis à un groupe de personnes d'échanger et de partager un moment de vécu, réel, concret !
À l'opposé, allez dans la médiathèque la plus proche, rentrez dans la salle "multimédia" et observez ces individus. Les yeux rivés sur l'écran, l'esprit absent. Seuls leurs corps physiques prouvent qu'ils se trouvent là. Ils naviguent dans la nébuleuse Internet.
Ce monde infiniment riche d'informations et de contacts, à ce qu'il parait. Mais démesuré et insaisissable  dans son gigantisme planétaire et virtuel.
C'est là qu'ils vont chercher à s'informer et à établir des contacts avec d'autres sujets aussi désincarnés qu'eux.
Des journaux ont été contraints d'intégrer ce monde là, sous peine de ne plus exister.
Mais existent-ils encore en tant qu'organe, non seulement d'information mais de réflexion, d'analyse de la marche du monde ?
Nous ne le pensons pas.
Sur Internet c'est la présence, la quantité et la vitesse qui comptent.
S'il existe des "blogs" et des sites qui tentent ou qui prétendent faire réfléchir le quidam, il y a des fortes chances pour que leurs louables efforts sombrent dans le courant impétueux d'Internet et sous l'énorme masse d'informations qu'il charrie.
Quel temps pour la rencontre, la discussion, l'échange, dans ces conditions là ?
Voilà, sommairement exposées, les raisons qui nous font préférer la version papier d'un quotidien.
Il nous reste d'autres questions, tout aussi importantes, à notre avis.
Nous nous devons d'y répondre, si nous voulons aller au but de notre réflexion.
Ces questions sont, dans le désordre :
- Quel rôle joue le prix de vente du quotidien dans sa diffusion ?
- Pour quoi payer un quotidien ?
- Quels moyens financiers pour le financer?
- Qui doit apporter ces moyens et pourquoi ?
- Pourquoi cette apparente désaffection envers le "papier"?
Nous allons d'abord tenter de répondre aux quatre premières.
Parce que, s'il y a un problème financier, il est certainement en rapport avec la désaffection croissante des lecteurs pour les quotidiens "papier".
Désaffection qui a aussi d'autres causes qui, elles, ne sont pas du domaine de la finance. Considérant qu'elles sont essentielles à la compréhension du phénomène en question, nous les traiterons en dernier, comme corollaire de notre exposé.
- Quel rôle joue le prix de vente du quotidien dans sa diffusion ?
Nous considérerons que le critère ci-dessus n'a pas une qualité rédhibitoire dans la bonne ou mauvaise vente du journal.
Mais, pour les raisons qui vont suivre, il a une importance décisive en ce qui concerne l'indépendance rédactionnelle du quotidien.
Un quotidien, vu sa parution journalière, ne peut pas être vendu à un prix élevé. Parce que tel prix, multiplié par les 30 jours du mois cela peut constituer une petite somme, mais qui aura son poids dans les finances d'un foyer modeste.
Donc, le prix de vente doit être le plus bas possible.
D'où il découle, qu'un quotidien ne peut pas être financé que par les recettes des ventes.
De là que ses responsables soient obligés de chercher son financement ailleurs. Cet ailleurs est, dans quatre–vingt-dix pour cent des cas: La Publicité ! Dans les dix autres, il s'agira de trouver un mécène.
Or, dès l'instant où le journal a besoin d'annonceurs (ou de mécènes) pour survivre, il devient leur obligé !
Dans ce cas de figure, il va de soi que le contenu éditorial du journal ne devra pas aller à l'encontre des positions, politiques surtout, des annonceurs et des mécènes.
Or, la frontière entre prise de position politique ou pas étant des plus tenues, la rédaction du journal devra composer avec cet état de fait. Et pour cela, dans les cas extrêmes, pratiquer l'autocensure et, au minimum, la langue de bois !
Pour ce qui est du mécénat, il parait incongru, à l'époque de l'argent roi, d'imaginer qu'un mécène accorde son aide sans exiger en retour un droit de regard sur le contenu rédactionnel.
Elle est bien révolue l'époque où le mécénat n'avait pour but que permettre l'éclosion et le développement des arts et des sciences !
En résumé, la conséquence des causes que nous venons de décrire est que l'indépendance éditorial d'un quotidien n'est qu'une utopie !
Donc, si nous voulions donner corps à cette utopie, il faudrait répondre aux questions restantes. Nous pouvons tenter de le faire de manière peu orthodoxe.
Ainsi :
- Quels moyens financiers pour le faire vivre?
- Qui doit apporter ces moyens et pourquoi ?
- Pour quoi payer un quotidien ?
Lançons-nous dans l'utopie ! :
La première chose à définir lorsque l'on veut lancer un journal, c'est définir sa raison d'exister et sa ligne éditoriale.
Ce qui nous mènera à lui donner une ligne politique ou apolitique. Bien que la deuxième option nous semble être un non-sens. Comment un quotidien pourrait être neutre, vis à vis de la chose publique, et exister en tant qu'opinion ?
Donc, la ligne apolitique, à notre avis, ne peut être qu'un leurre, volontaire ou pas. Selon les intentions de ses créateurs.
Ayant admis que le périodique a une ligne politique défini, il n'est pas impensable qu'il devienne l'organe d'un parti politique. Comme l'est, par exemple, "L'Humanité", organe officiel du PCF.
Dans ce cas là, dans l'idéal, le journal devrait fonctionner sur un système associatif type "Loi 1901". Et ce seraient les adhérents au PCF, et à l'association, qui le financeraient.
Ici se pose une condition sine qua non : Pour qu'au départ le journal puisse s'autofinancer, cela suppose que le nombre d'acheteurs/lecteurs suffisent à cela. Donc, il faudra un nombre minimal d'acheteurs. Si ce nombre augmente, pour différentes raisons, le journal sera excédentaire. S'il est trop bas, le journal sera en déficit.
Nous avons là le cas typique des quotidiens dits "d'opinion", tel le Journal du Pays Basque qui n'a pas survécu à une ligne éditoriale, peut être trop orientée politiquement... Alors qu'il ne pouvait pas compter, comme peut le faire "L'Humanité" sur l'aide financière de tel ou tel parti.
Il faut aussi envisager le cas d'un quotidien crée par des particuliers, comme ce fut le cas pour "Libération" dans l'après "Mai 68". Nous avons là le cas d'une publication qui sut correspondre à un tel point aux aspirations profondes de ses lecteurs, que le nombre de ceux-là se multiplia exponentiellement.
Donc, les ventes grimpèrent en flèche. Ce qui attira des annonceurs, désireux d'être vus par les dizaines ou centaines de milliers de lecteurs de "Libé" (comme on l'appela familièrement).
Mais les temps évoluant, les mentalités changeant, les aspirations des lecteurs avec, le nombre de ceux-là diminua. "Libé" se vendît moins bien, son équipe rédactionnelle, dû composer avec le nouveau temps et ses exigences mercantiles.
"Libé" devint la voix de l'intelligentsia parisienne. Comme pour le JPB, son cercle de lecteurs rétrécit. Les difficultés financières commencent à avoir raison de lui...
Puis, il restent les fleurons de la presse de droite : "L'Aurore" et "Le Figaro".
Ceux là, sont nés et resterons fidèles jusqu"à la fin, à la ligne éditoriale dictée par les partis de droite. Qui, circonstance heureuse ! Coïncide avec celle des plus puissants annonceurs, patrons des plus grosses entreprises en tout genre.
"La Croix", organe de presse chrétien bénéficie du soutient de l'église catholique...
Pas de soucis pour ces trois titres.
Pour mémoire, rappelons la disparition de France-Soir. À vrai dire, nous ne possédons pas, sur ce fait, un nombre suffisant d'éléments qui nous permettent d'avancer une opinion. Mais nous pouvons, à ce sujet, nous poser la dernière question de notre liste : "Pourquoi cette apparente désaffection envers le "papier" ?
Avant de traiter cette dernière question, nous nous devons d'imaginer une solution au problème de comment rendre un organe de presse, réellement indépendant de toute pression politique.
Pour nous, cela ne peut se faire qu'en passant par les voies législatives.
En effet, dans notre pays l'éducation (donc la scolarité) est obligatoire pour tout et chacun de nous. Ce fait étant stipulé dans la constitution, le financement nécessaire fait partie du budget national. Comme en font partie les financements des divers budgets de structures à but culturel, tels l'Opéra, certains théâtres, le Centre National du Cinéma, etc.
Partant de là, pourquoi il n'existerait pas un budget consacré au financement de journaux ? N'est ce pas un journal un vecteur d'information, donc de culture ? Qui devrait pouvoir s'exprimer sans craindre pour sa survie matérielle !
Il est évident qu'il serait extrêmement difficile partager équitablement un budget entre les différentes tendances d'opinion qui revendiqueraient le droit de pouvoir s'exprimer par un organe de presse.
La question est complexe et n'est pas le sujet essentiel de ce papier-ci.
Mais nous nous devions de la suggérer ici.
Pas tant comme une option ferme, mais comme une vision d'un avenir où nous aurions appris à faire prévaloir l'intérêt général par opposition à nos petits intérêts, mesquins et destructeurs, d'aujourd'hui.
Dans l'esprit de solidarité, sans lequel chacun de nous n'est qu'un individu isolé et la société qu'un groupe d'individualités que rien n'unit.
Cette digression effectuée, nous pouvons reprendre le cours de notre exposé, là où nous l'avions laissé :
- Pourquoi cette apparente désaffection envers le "papier" ? :
Nous pouvons dire, qu'un journal est son contenu éditorial. Contenu qui constitue l'âme du journal.
Ce contenu peut être constitué de sujets aussi divers (mais toujours en étroite relation mutuelle) tels le sport, les faits divers, la politique, des sujets de société...
Ainsi, certains quotidiens (comme L'Équipe) ne parlent que de sport. Sujet qui ne trouve pas une grande place dans Le Monde. À noter que ce sont là deux choix politiques différents.
Aussi, un journal "généraliste", dans l'idéal, s'efforcera d'apporter à ses lecteurs un éventail de sujets traités. De préférence dans un style léger qui permette au lecteur moyen de s'informer, rapidement, en survolant quelque peu les articles. Et les images les agrémentant... Ce qui permettra, à ce lecteur, d'estimer avoir une vision assez vaste de la marche du monde, ce jour là...
Le lecteur plus exigeant, ayant fait le choix de consacrer plus de temps à s'informer; préférera lui, le quotidien où il trouvera des articles "de fond", avec des analyses poussées des sujets traités. Et les images, sauf exception, ne l'intéresseront pas ou presque.
Puis, il y a le lecteur dont le seul intérêt ce sera le monde sportif.
À noter que l'abus de l'utilisation d'images, accompagné d'un contenu rédactionnel assez sommaire, constitue de fait une manière d'infantiliser le lecteur... Voulue ou pas.
Avant l'avènement d'Internet, nous avions donc trois types de lecteurs : le lecteur moyen, le lecteur en "profondeur" et le "sportif".
Mais Internet a bouleversé la donne. Sur la "toile", la charge d'information est énorme et instantanée. En ce qui concerne les faits, en règle générale bruts de toute analyse.
En quelques clics nous pouvons y trouver toute l'information qui circule dans le monde à propos d'un sujet donné, quel qu'il soit. Il a suffi à Google (par exemple) de copier, et reproduire sur son site spécifique) les dépêches et articles parus dans tous les organes de presse de n'importe quel pays.
Cela satisfera le lecteur moyen, qui veut des faits, quelques images et pas de "blablate".
Au lecteur exigeant, libre à lui de rechercher tel ou tel article, qu'il pourra lire (à condition de ne s'être pas noyé dans la masse d'informations), souvent en ayant payé un abonnement au journal qui publie ses articles "en ligne".
Pour le sportif, les choses se passent de la même manière, dans son domaine.
De tout cela, il en ressort qu'aucun journal ne pourra concurrencer le volume d'informations et la vitesse pour les atteindre  dont il est capable un "moteur de recherche".
Et pour le grand public, ce sont là des atouts.
La conséquence de cet état de fait est que beaucoup de lecteurs se détourneront du "papier" pour aller vers le "virtuel".
Ce n'est pas là, pourtant, la seule raison de la désaffection du public envers le papier.
On peut se poser des questions, à la lecture de certains quotidiens, sur la conscience professionnelle des journalistes ou sur les choix de la rédaction.
Il est consternant de constater que beaucoup parmi eux, ont fait le choix de la facilité. Ou, pire, ils ont estimé que le niveau intellectuel du lecteur lambda peut se contenter d'un journal bâclé, même au point de vue orthographique et syntaxe.
Et aussi, soit que l'équilibre entre les différents sujets est difficile à trouver, soit que la facilité est de donner en pâture les faits divers et les potins mondains (dits "people"), peu à peu, le contenu du quotidien s'est appauvri en analyses et en réflexion sur les sujets de société et politiques.
À cela, il faut ajouter la tentation de privilégier l'image par rapport au texte. Tentation à laquelle beaucoup de quotidiens succombent. Infantilisant ainsi le lecteur, que l'on estime plus friand d'images que d'idées. "Lecteurs", d'ailleurs, qui trouveront leur compte sur Internet...
On peut en conclure que la déchéance du journal "papier" est la suite logique d'une baisse de l'exigence de la part du lecteur, accompagnée ou précédée, par une baisse de la qualité de l'offre journalistique. On peut ajouter à ces deux facteurs le développement exponentiel de l'offre "journalistique" d'Internet.
La question en suspense, à laquelle est difficile de répondre, est : Est que sans Internet le journal "papier" aurait suivi le même chemin vers sa disparition pure et simple ?
Nous irons plus loin :
Est que la disparition d'une certaine qualité de l'information (sur le fond et la forme) serait liée à l'éclosion du "virtuel", fabuleusement grand, vertigineusement rapide et relativement creux ?
À ce qu'il nous semble, une telle mutation technologique entraînera une autre manière d'appréhender le monde.
Si c'est le cas, une telle manière nous semble manquer de la profondeur et du recul nécessaires à la réflexion. Autant que de cette convivialité qui donne sa saveur à nos journées...
Manuel MARTINEZ
à Biarritz le, 2/19 mars 2014

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